Une fille à la Vanille

Mais toi tu penses quoi ? Tu dis rien...

15 mai 2012

La vie d'une autre

"Juillet 1999. De quoi sont faits mes rêves ? L'idée, c'est toujours de regarder ses rêves, pour les réaccorder à la vie. Savoir ce qu'on a perdu, savoir ce qui est encore là. Qu'est-ce qu'on ne donne plus et pourquoi. Je sais une chose, une seule, qui je crois ne me quittera plus : je ne veux pas vivre un amour mort. Je ne veux pas vivre selon des règles établies par des couples vieillissants, complaisants, compulsifs ou éteints. Je ne veux pas vivre un faux amour fait de faux-fuyants, de faux dialogues, de faux rapports, de faux dîners d'amoureux, de vrais faux-semblants et de vrais arrangements avec la vie. Je ne veux pas vivre un amour moribond qui fait tout ce qu'il peut pour cacher qu'il ne se remet pas de son passif. Je ne veux pas vivre avec un homme qui ignore tout ça, et ne sait plus qu'il a pu être un jour un homme amoureux. Ou alors je ne veux pas vivre !"

"Je t'aime jusqu'à la fin du monde, je t'aime pour toujours" Des phrases que plus personne ne dit, des rêves que plus personne ne fait car ce n'est plus un idéal de s'aimer toute une vie.

"C'est une histoire banalement triste de deux personnes qui se perdent de vue et deviennent des étrangers. J'ai l'impression que je n'ai plus envie de me battre, que tout est trop tard, trop loin. Revenir en arrière me semble difficile. Quand on est catalogué par l'autre, on est laid dans ses yeux, et ça n'est pas facile à vivre, et surtout c'est impossible à oublier."

"Tout, plutôt que le non-être, le non-recevoir, le non-dit, le non. Tout plutôt que l'anonymat soudain de deux personnes qui se côtoient et ne savent plus rien de l'autre que ses soucis quotidiens, ses rythmes intestinaux. Mon amour, mon amour, toi et moi nous ne ferons qu'un. Oui mais lequel ?..."

"Ne pas se sentir belle dans le regard de l'autre, ne plus avoir d'importance à ses yeux, être absente de sa lumière est la plus certaine des fins.

Peut-être dans un cri d'amour faut-il être être deux à crier,
et quand l'autre se tait, où en est-on ?"

 

Frédérique Deghelt

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Alter-ophage

On est tous l'étranger de quelqu'un, étranger l'un de l'autre, l’un à l’autre, l’un dans l’autre. Dévorer l'irréductible altérité et chercher sans cesse comment faire suture entre deux êtres, en tamponnant les chairs, en cousant les peaux ensemble, en mélangeant les fluides, se gouter, s'avaler. Se réinventer chaque nuit. Devenir une toile blanche sur laquelle projeter une image idéale de soi, s'imaginer dans le miroir de leurs yeux, le temps d'un Week-end.
Conduite addictive de quelqu'un qui ne veut pas se retrouver seule face au miroir, quand ça coince un peu aux entournures. Encornures de ceux qui ne savent pas que je mélange les histoires chaque soir. Dévorée à l'hôtel et noyée dans la piscine je décolle à moto sur les routes. Ne laisser aucune chance qu'ils s'attachent à "celle que l'on n'attache pas". De la poudre aux yeux.

Je redeviens moi même dans cette maison branlante, habitée par des fous. Des yules qui courent au plafond, un chat soi-disant minuscule qui se comporte comme un chien, est devenu si gros à force manger dans toutes les gamelles qu'il fait craquer le parquet. Et roucoule. Un autre handicapé, neurasthénique, mal sevré, et roux par dessus le marché. Qui tète ton doigt toute la journée, à 10 ans passés. Et la vieille, aveugle et incontinente, 19 ans, une éternité pour un chat. Ces trois là qui me veillent toute la nuit, dans mon petit lit. Et les deux chiens, un Django noir d'encre et le loup qui fascine. Et que dire de ses habitants. Les deux Romains, inséparables malgré leurs 10 ans d'écart. Comme un père, un frère et un ami à la fois, ce sont les hommes de la maison, cuisinent, bricolent et roulent les joints. Et puis nous, les deux princesses aux lits mités, qui n'avont jamais sommeil. Ils m'ont fait une place dans leur folie, sans rien me demander, et je les en remercie.

 

 

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05 mai 2012

Entre les cartes, les cristaux craquent.

Entre les cartes, les cristaux craquent. Les oiseaux plongent quand la chaleur monte. On joue à se perdre dans des couloirs sans fin. L'ambiance est moite, j'tire au sort celui chez qui je dors, bingo. Alors satisfaite, tu l'as eu ton film ?  (Connasse). L'Amoureux veut plus me voir et je le comprend si il savait.

 

 

Retard.

Négatif.  

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30 avril 2012

Être entier.

Il est une heure où l'inconnu à rendez-vous Place de la fontaine bleue, une nuit une danse qui ne mènera pas aux cieux, des talons qui claquent sur le pavé comme ma main sur ta joue j'aurai aimé. En attendant je bois des bières et j'écoute tous ces mecs parler, de temps en temps je laisse le rhum couler dans ma gorge et m'enflammer. C'est comme ça que la vie me surprend, me prend par la main et m'fait courir sous la pluie. De retour sur les traces de la dernière journée de l'année, les mêmes pas que ce périple d'amitié, et puis encore les mêmes chemins qui me ramènent à elle, comme après cette nuit aller voir la tour eiffel avant de dormir et au petit matin. Crier "qu'est-ce-qu'elle est belle" alors qu'on en a rien à foutre c'est toute cette nuit qui est belle, toutes ces nuits et celles qui finissent à l'hôtel, où on joue à faire comme si on était dans un film, "servez à madame tout ce qu'elle souhaitera" où l'on croit qu'on s'aime. J'mélange toutes les soirées tu vois, les histoires, y a même des numéros, comme c'est romantique, le monsieur de Saint Malo à ne pas confondre avec celui avec qui je me sens si bien, la nuit quand je débarque sans prévenir, une bouteille de vin à la main mais pas aussi bien qu'avec l'homme à l'iris carrée dont j'aime les silences et j'aurai lu toute ma vie à ses côtés si j'avais pu. Si j'avais su, qu'il allait me faire autant de mal, parce que les histoires compliquées, mais chercher une nouvelle paternité devient maladif, toujours plus agés. Alors entre ces coups de poignard dans mon sourire j'alterne avec la jeunesse maladroite je l'aveugle de poudre aux yeux, je disparais derrière une allumette jetée au caniveau, y a les vierges d'aventures que je plonge la tête dans le noir à coup de drogue et de rapports décomplexés et ceux que je laisse croire que je suis comme eux, car la douceur, c'est ça qu'ils veulent, je ne peux pas la leur donner. Jm'accroche au levier de vitesse d'un autre, rentrée de Paris alors qu'il ne fait même pas nuit et que derrière les lunettes de soleil des yeux verts me proposent de rester. Ces putains de cons je ne sais plus quoi leur dire le lendemain. Comme le mal rasé qui oublie. 

Putain d'amnésie. 

- rouler un joint à l'arrêt de tram avec un mec marrant

- disparaitre quand il a le dos tourné

- les talons rouges sur les pavés

- la barbe de trois jours et le blouson de cuir sur le jean délavé

- le rhum alors qu'on s'est promi d'être raisonnable

- la caresse sur le cerf-volant

- sa main sur ma hanche 

- les rires pour trouver un endroit où manger en pleine nuit

- "tu peux m'embrasser ?"

- la pluie

- la jolie blonde

- "on fait un beau couple hein ?"

- le portier de l'hôtel

- la salle de bain et son miroir derrière l'évier

- ses mains accrochées

- le balcon et sa respiration endormie

- le bisou du matin

- le petit dejeuner au lit, le message synchronisé (mais les mêmes mots que l'Amoureux)

- le son à fond dans la voiture à faire vibrer les vitres pour concurrencer les frissons

- le départ à Paris

- les verres à Montparnasse comme si rien n'avait changé

- apparaitre sur cette photo

- l'expo avec lui

- la soirée avec elle, le mousseux et les pates mal cuites on s'en fout je t'ai retrouvé et je ne te lacherai plus

- l'appartement violet et trois brésiliens

- minuit et c'est l'anniversaire de la princesse

- préparer des ballons dans la chambre avec la CB

- talons rouges again

- rester sous la pluie pour ne plus se mouiller, tourner sur la barre d'une péniche, rire de grillades à des soirées parisiennes, se sentir plus parisien que les parisien, aimer la ville immensément, autant que je la déteste

- rentrer avec l'homme aux points de suspension

- tirer définitivement un trait sur celui qui écoute Nova avec moi

- le regretter

- voir que tout le monde oublie sauf moi finalement

- aller me coucher. 

 

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20 avril 2012

Allez, en mettant un pied devant l'autre, on devrait y arriver.

26/04

Des fois on avance, et des fois on recule. En ce moment je cours en marche arrière, sans regarder, je ferme les yeux en attendant le choc, j'vais bien finir par taper dans un mur.

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17 avril 2012

Oslo 31 aout

Que dire, je suis cet homme. Je l'ai regardé, toutes ses facettes, son profil. De face c'est la claque. Je lis dans ses yeux. J'entends dans ses silences. Je suis ses erreurs, je suis sa connerie. Je suis un spectateur de ma propre vie.

On n'a pas fait les mêmes erreurs mais on est dans la même errance.

Il est beau et j'aime son regard sur les choses.

Après l'homme qui n'existait pas, et puis Lydie, je me sens devenir invisible. Et j'aime ça.

 

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"- Tu as rencontré quelqu'un ?

 - Non, et toi ?"

"J'te laisse le grille pain je prends la balance, tu veux le batteur ? Je sais que t'adore faire des mousses au chocolat. On fait comment pour les photos ? Garde ce poster, c'est un cadeau."

Un dernier virement intitulé "bon vent à toi". Pathétique de nostalgie.

Le vin, la C3 de l'entreprise, la veste de costard, les talons, les lunettes, les cigarettes, les films, la radio... J'ai 30 ans dans mon corps, 40 dans ma tête.

 

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15 avril 2012

Ne pas être foutue d'être présente pour les gens et se déchirer le cœur pour un inconnu qui passe. Hurler dans sa tête pour qu'il nous remarque. Ne plus jamais pleurer comme ça pour quelqu'un qui ne vaut rien. Pourquoi je deviens si fragile et folle devant l'inaccessible alors que même 4 ans passés avec l'amour à mes côtés n'ont pas réussi à m'attendrir.

Hommes, je vous hais.

Je passe ma vie entre les salles obscures et sur les routes. Je vais au cinéma plusieurs fois par jour, pour ne plus voir le soleil, je prends des chemins et des détours, pour ne plus descendre de voiture. La nuit je coupe mes feux et j'accélère pour mieux voir les étoiles, j'fais vibrer mon compteur comme pour faire vibrer mon cœur. Et couper le son dans ma tête.

Mais en secret, I wish.

 

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07 avril 2012

Il est 23h23 et le compteur de nuit se met en marche en vibrant,toutes les 60 secondes le petit voyant rouge de l'alarme incendie clignote au dessus de ma tête, le plic ploc discret de l'eau dans le ballon me rassure, les volets sont comme toujours, grands ouverts sur la pleine lune, dans la salle de bain et les toilettes, ronronnent les ventilations. Toujours les mêmes sons, toujours les mêmes gestes. La nuit j'ouvre les yeux sur le murs pleins de ronces qui me sers de ciel de substitution. Il est beau. Les oiseaux chantent dès 4h pour accompagner mes songes. Alors au revoir les gosses qui entouraient au fluo rose nos noms sur la boite aux lettres, au revoir François, le voisin sourd et amoureux de moi que je croisai debout à 4h et dans ma chambre à 8. Au revoir la montée du parking qui me cassait les pattes et me faisait regretter de fumer le matin, au revoir le rebord de fenêtre, poste d'observation de Châtaigne qui guettait notre retour, au revoir la poignée qu'il faut remonter, les plantes vertes qui ont crevé, les cafés avec Sarah, les pizzas du dimanche soir, les apéros entre filles, les verres de vin à n'en plus finir, l'ordi posé en équilibre pour capter le wifi, les multiprises. Au revoir les clés dans le cendrier, au revoir mon passé. 

 

 

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06 avril 2012

Quand j'me connecte ça fait des étincelles. Boom les émotions sont trop puissantes, incohérentes, je pleure sans raison, au mauvais moment, beaucoup trop souvent et beaucoup trop fort. Alors, parce que un sms de mon papa tout bête fait que, parce que la descente de MD, parce que la lumière du matin après une nuit blanche, parce que leurs discours, leurs larmes, l'accent et les voyages. Les paroles grandioses d'un mec qui a tout compris. Parce que mon père encore une fois, parce que ma mère aussi parfois. Pendant que les amis se taisent je ressere les liens sur du vent. Le mail est toujours en attente (pourtant si tu savais comment je pense à toi, merci pour avoir répondu à mon sms). J'ai relevé mes manches pour que tout le monde voit les tatouages, marqueurs de soirées, j'ai lancé la machine et j'avance pièce par pièce. Notre passé est désormais dans les cartons, et le reste à la poubelle. Je reprends mon baluchon, j'avance vers l'inconnu. Pas d'études, pas de ville, pas de travail, pas d'appart, pas de copain, pas d'amis, c'est le vide terrifiant mais qui ne me demande rien. 

Go. 

Felipe Malta o futuro presidente do Brasil, e querido do meu coração

« Un homme doit se déplacer. Par ses propres moyens, et non pas par le biais des histoires, des photos, des livres ou de la télévision. Il doit voyager seul, avec ses yeux et ses pieds, pour comprendre le monde auquel il appartient.

Un jour, plantez un arbre et apprenez à l’apprécier.

Rencontrez le froid pour profiter de la chaleur. Et le contraire.

Sentez la distance et l’itinérance, pour apprécier d'être chez vous.

Un homme doit se rendre à des endroits qu’il ne connait pas afin de briser cette arrogance qui nous fait voir le monde tel que nous l'imaginons, et non pas simplement tel qu’il est, ou peut être.

Pour briser l’orgueil qui fait de nous des experts de quelque chose que l’on n’a pas vu. Alors que l’on devrait être que des apprentis, et juste aller voir.

Partez, seulement pour vivre l’unique moment qui va être un vrai tournant dans votre vie. »

 

 

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