Une fille à la Vanille

Mais toi tu penses quoi ? Tu dis rien...

      04 juillet 2013

      C'est étrange

      C'est étrange, l'ego d'une femme, ça se froisse pour un rien et ça se glace d'un claquement de doigts.

      Je comprends les femmes qui tombent amoureuses de toi, de ta voix, de ton écriture, de ton corps, tu es l'archétype de la virilité, l'homme rassurant.

      En réalité, je ne me suis jamais sentie autant menacée qu'à tes côtés. Il suffit d'un coup de vent pour qu'il tourne, tu es instable, fuyant, menteur et beau-parleur. Je sais reconnaitre ton timbre quand il change, je connais les regards qu'on ne donne pas franchement, les paroles automatiques nourries de trop de littérature, c'est juste du théâtre et je suis bien placée pour le savoir, alors pas à moi s'il te plait, pas à moi. 

      Tu es un assemblage de tous les hommes qui m'ont traversé, ni plus ni moins, je me rends lisse à ton contact pour ne te laisser aucune prise, tes mots glissent sur moi, peu m'atteignent vraiment.

      Mais tu fais vibrer Paris et avec la ville c'est moi que tu prends chaque soir. Je t'observe conquérir ton monde, jour après jour, un sourire amusé aux lèvres de te voir, torse bombé et regard sombre, jouer ton cinéma quotidien. Tu es canon et tu le sais, ce dont je suis moins sure, c'est comment je me suis retrouvée à ton bras. Tu es tout ce que je déteste car tu me ressemble, avec 15 ans de plus. Une vie nous sépare. 

      Mais tu fais vibrer Paris, et avec la ville c'est chaque repli de ta peau que j'ai goûté. Comme une aveugle j'ai parcouru tes premières rides du bouts des doigts, je connais les signes qui ne trompent pas, la respiration que tu t'autorises quand tu t'abandonnes enfin.

      Pourtant on est fatigués tout les deux de mentir, de ne plus dormir, de brasser du vent à faire semblant en sachant très bien que ça nous mène nulle part, je le vois bien que tu t'essoufles. Tu t'essoufles.
      On a avalé des kilomètres de mots ensemble, mais tu sais que je te tiens car je connais la fin, je l'ai écrite le matin où j'ai perdu mon souffle. C'est mon arme, ma seule armure, tu m'as baladé de bars en ivresse, de musique aux nuits blanches, j'ai été à ta merci, j'ai tangué du mieux que j'ai pu, mais j'ai tenu bon. La fin est proche.

       

       

      Quand je suis avec toi je suis certaine de ne pas t'aimer.
      C'est quand tu es absent que je doute. 

      Craché à 16:36 - 0 Pas en avant

      On avance, on avance..